Communiqué de Karim Ouchikh, conseiller de Marine Le Pen à la Culture, à la Francophonie et à la Liberté d’expression, Président exécutif du SIEL
François Hollande a exprimé le désir de faire inhumer durant son quinquennat au moins une personnalité illustre au Panthéon, ce lieu emblématique de la mémoire nationale qui abrite les sépultures des grandes figures de notre histoire. Le chef de l’Etat a ainsi demandé au président du Centre des monuments nationaux, Philippe Belaval, « d’émettre des suggestions sur les personnalités qui pourraient en faire l’objet dans les années qui viennent, en tenant compte de la parité et de la diversité pour rendre sensible au plus grand nombre la portée ». Son rapport est attendu pour le 30 septembre prochain.
En sa qualité de responsable d’une des grandes formations politiques de notre pays, Marine Le Pen a été officiellement consultée par le Président du CMH. Après avoir insisté sur son souci de préserver l’intégrité architecturale du Panthéon et de renforcer le poids symbolique d’un monument qui doit devenir le lieu officiel des grandes cérémonies républicaines, Marine Le Pen a suggéré, loin de toutes polémiques idéologiques stériles, le nom d’une personnalité considérable quoique injustement méconnue : Nicole Mangin.
Cette Lorraine fut l’unique médecin de l’armée française durant la Première guerre mondiale. Originaire de la Meuse, Nicole Mangin (1878-1919) fut admise, fait rare à l’époque, à la faculté de médecine à Paris en 1896. Praticienne hospitalière, elle consacra aussi une partie de sa carrière à la recherche sur la tuberculose et le cancer. Après quatre années de mariage, elle divorça en 1903 en conservant la garde de son fils unique. Mobilisée par erreur le 2 août 1914, elle servira avec détermination dans différents hôpitaux militaires proches du front et portera l’uniforme tout au long de la guerre. Fin 1914, elle sera mutée dans le secteur de Verdun : après y avoir été légèrement blessée au visage, au lendemain de la grande offensive allemande du 21 février 1916, Nicole Mangin sera nommée directrice de l’hôpital école pour infirmières Edith-Cavell à Paris. Jusqu’en 1919, elle y formera de nombreuses infirmières, non sans y soigner alors des patients atteints de la grippe espagnole. Elle est décédée le 6 juin 1919, sans doute victime d’un surmenage qui l’aurait conduit à mettre fin à ses jours à l’âge de 41 ans : après des obsèques civiles au Père-Lachaise, ses cendres furent inhumées dans la tombe familiale à Saint-Maur-des-Fossés.
Cette femme remarquable, qui marqua ses contemporains par son caractère bien trempé et son esprit de dévouement sans égal, n’a reçu curieusement ni citation, ni décoration, probablement en raison de ses convictions athées, d’un féminisme qu’elle ne dissimula pas et de son passé de femme divorcée. A quelques mois de la célébration du centenaire de la guerre 14-18, François Hollande se doit de réparer cette injustice flagrante, en sortant enfin de l’oubli de l’Histoire cette figure singulière de la Grande Guerre qui fut aussi une personnalité moderne en avance sur son temps. Pour Marine Le Pen, le docteur Nicole Mangin mérite de reposer à présent au Panthéon aux côtés des autres personnalités illustres qui ont marqué notre Histoire de leurs empreintes.