Couple Franco-allemand : de la coopération à l’Europe fédérale allemande

Communiqués / 27 janvier 2013 / Mots-clés : , /

Communiqué de presse de Marion Maréchal- Le Pen, Député de Vaucluse

Je me suis rendue le 22 janvier à la journée organisée au Reichstag en vue de fêter le 50ème anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée en 1963 entre le Président de la République française Charles de Gaulle et le Chancelier allemand Konrad Adenauer. Il s’agissait de célébrer l’initiative audacieuse de deux chefs d’états, faisant table rase d’un passé conflictuel et sanglant, pour réunir leurs pays à travers une coopération, un partenariat ambitieux en vue d’une paix durable.
En réalité, les différentes interventions au cours de cette journée furent moins le souvenir émue d’une démarche de réconciliation qu’une véritable ôde au fédéralisme, pardon « intégration solidaire », conduite à marche forcée par le couple franco-allemand ou plutôt germano-français si l’on devait s’en tenir à la réalité des rapports de force.

La jeunesse, au cœur de projet de 1963, fut maintes fois évoquée et beaucoup parlèrent en son nom. J’en fus d’autant plus étonnée qu’en tant représentante du premier parti jeune de France et jeune femme moi-même, j’étais loin de me retrouver dans l’enthousiasme qu’ils pensent voir au sein des jeunes générations. NON, la jeunesse de France ne regarde pas d’un œil émerveillé l’Union européenne fédérale qui les dépossède à grand pas de leur souveraineté, NON elle ne soutient pas inconditionnellement l’élargissement vers l’Est au bénéfice de l’Allemagne, NON elle ne croit pas aux vertus d’une politique économique ultra-libérale qui la contraint au chômage, NON elle ne soutient pas un espace Schengen qui fait de son pays une terre d’accueil irresponsable au détriment de ses propres nationaux…

Je fus choquée par la satisfaction inconditionnelle exprimée lors des dizaines de discours interchangeables prononcés par les présidents de groupes parlementaires français et allemands. Pas une réserve, pas un doute, pas une remise en cause de la part de ces « élites » malgré le bilan économique, social et démocratique de l’Union Européenne ces dernières années. Ils sont décidément bien loin des réalités et se complaisent entre eux dans leurs arguments policés. J’ai soudainement compris l’ampleur des efforts déployés en France pour éviter l’entrée d’un groupe FN à l’Assemblée Nationale. Il est certain que le discours de notre président de groupe aurait fait tâche d’huile au milieu de cette inquiétante homogénéité…

Rappeler la valeur de la paix est essentielle, surtout pour une génération qui n’a jamais connu la guerre et, ce faisant, la considère comme un acquis voire une évidence. Néanmoins l’entretien d’une amitié franco-allemande toujours vivace ne doit faire oublier les intérêts de chacun de ces deux pays qui ne se confondent pas toujours, loin s’en faut, et qui se trouvent sacrifiés, côté français, au nom d’une idée utopique et naïve.