Visite d’Etat de François Hollande en Algérie : la France n’a pas à s’excuser !

Communiqués / 19 décembre 2012 / Mots-clés : , , /

Communiqué de Presse de Louis Aliot, Vice-président du Front National

Dans les prochaines heures le président de la République va se déplacer en Algérie dans le cadre d’une visite d’Etat où il sera question prioritairement d’économie et d’échanges, mais aussi d’immigration et d’histoire.

Si nous ne sommes pas par principe, hostiles à des discussions bilatérales avec l’Algérie, il conviendrait que le Président de la République défende d’abord l’honneur de la France et la mémoire de ses enfants tombés pour elle, en posant un certain nombre de questions pour solde de tout compte et ainsi travailler au rapprochement des deux nations pour l’avenir :

– Où sont les disparus français ? Le 26 janvier 1971, le Président algérien Boumediene avait déclaré : « A Paris, on semble ignorer que nous détenons un grand nombre d’otages français. Quand il le faudra, nous en communiquerons la liste à la presse… Alors, pour obtenir la libération de ces otages, il faudra y mettre le prix. »

– Reconnaitre le génocide des Harkis et pointer la double responsabilité française et algérienne des gouvernements de l’époque.

– Régler définitivement le contentieux lié au saccage et à la profanation des cimetières chrétiens et juifs en Algérie.

– exprimer la reconnaissance de la France à celles et ceux qui ont laissé un pays « clef en main », aux infrastructures modernes et aux perspectives florissantes.

Comment ne pas citer l’ancien chef historique du FLN Hocine Aït Ahmed, qui dans la revue Ensemble (n°248 du 1er juin 2005) n’hésite pas à dire concernant le départ des européens ceci : « plus qu’un crime, une faute !…Une faute terrible pour l’avenir politique, économique, et même culturel, car notre chère patrie a perdu son identité sociale. N’oublions pas que les religions, les cultures juive et chrétienne se trouvaient en Afrique du Nord bien avant les arabo-musulmans, eux aussi colonisateurs, aujourd’hui hégémonistes. Avec les pieds-noirs et non les Français, l’Algérie serait aujourd’hui une puissance méditerranéenne. Hélas ! je reconnais que nous avons commis des erreurs politiques stratégiques, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie doit répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens ».

Au-delà de cet aspect historique, monsieur Hollande souhaite à l’occasion de ce voyage nouer un « partenariat privilégié » avec comme soucis principal d’éviter les questions qui fâchent, surtout les algériens ! En effet, qu’il s’agisse de la repentance sur la manifestation de 61 ou des divers voyages préparatoires à cette visite, tout à été fait pour que le procès de la France se fasse à charge mais en douceur. L’important étant de caresser dans le sens du poil un pays qui, bien que tenant sa jeunesse et son peuple à l’écart de la redistribution des richesses, engrange des pétrodollars dont nos dirigeants espèrent qu’ils viendront secourir nos industries moribondes. Comble d’ironie, c’est grâce au pétrole trouvé par les Français en juin 1956 que l’Algérie se maintient aujourd’hui.

En ce qui concerne les projets économiques, les investissements français devraient être conditionnés à une maitrise plus ferme de l’immigration voire même à une inversion des flux.

Selon l’ambassadeur français en Algérie, le nombre de visas devrait atteindre les 200 000 en 2012, chiffre en nette progression par rapport à 2010 et 2011. Beaucoup se posent d’ailleurs la question de savoir comment une nation aussi jeune et aussi riche n’offre comme seul avenir à sa jeunesse qu’une immigration vers l’ancienne puissance coloniale alors qu’elle dispose d’atouts économiques importants.

En conclusion, les intérêts économiques ne sauraient ignorer les réalités humaines et historiques. De ce point de vue là, toute repentance exprimée par le Président de la République sera considérée comme une atteinte à la mémoire de celles et ceux qui, civils ou militaires, ont contribué à la construction de ce pays ou sont tombés pour la France lors de cette guerre.