Monsieur Frantz Olivier GIESBERT
Directeur
LE POINT
74, avenue du Maine
75682 PARIS Cedex 14
Saint-Cloud, le 23 novembre 2012
Monsieur le Directeur,
Voici un droit de réponse, je pense que vous aurez à cœur de le publier. Je vous en remercie.
Le Point, dans son numéro du 15 novembre 2012, outre la publication de « bonnes feuilles », analyse, en les survolant, les 540 pages du livre de Messieurs Cohen et Péan « Le Pen, une histoire française », livre qui aurait pu s’intituler « Le Pen, boulevard à Ragots ». En effet, après avoir lu beaucoup de livres qui m’ont été consacrés et qu’ils rangent en deux catégories : « hagiographiques et critiques », les auteurs réputent hagiographiques, ceux qui ne sont pas écrits par des journalistes de gauche, critiques, ceux qui sont rédigés par des gauchistes qui ne se cachent pas d’être des adversaires voire des ennemis du Front National. Ils sont amenés dans leur démarche « d’investigation », certes à m’interroger, mais surtout à solliciter le témoignage d’anciens membres du FN, devenus presque tous des adversaires et qui rebâtissent le passé à leur avantage et bien sur, à mon détriment. En outre, le livre fourmille d’erreurs grossières dans tous les domaines, y compris celui des légendes des photos. Les auteurs s’appuient sur certains affabulateurs professionnels plusieurs fois condamnés pour diffamation et qui s’attribuent un rôle qu’ils n’ont jamais joué.
En premier lieu, voulant à tout prix établir une forte relation entre Mitterrand et moi, les auteurs affirment que la proportionnelle fut un cadeau au FN, voulant ignorer que c’était surtout un cadeau au Parti Socialiste qui aurait été balayé avec le scrutin majoritaire et à Mitterrand lui-même qui aurait dû alors démissionner (page 61 de votre numéro du 15 novembre).
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En second lieu, j’oppose, s’il en était besoin, un démenti formel aux affabulations scandaleuses et dérisoires sur les relations que j’aurais entretenues avec un député socialiste, affabulations nées des déclarations prétendues d’un mort à un anonyme (page 66 de votre numéro du 15 novembre). Même au plus beau temps du KGB soviétique, on n’aurait pas osé une telle forgerie !
En troisième lieu, j’oppose, de même, un démenti formel aux allégations aberrantes des auteurs selon lesquelles j’aurais une fortune de 30 millions d’euros ! (page 60 de votre numéro du 15 novembre).
En quatrième lieu, l’affirmation selon laquelle je mélangeais l’argent du FN et le mien propre est beaucoup plus grave et elle est une calomnie qui entraînera les diffamateurs devant le Tribunal correctionnel. J’engage d’ailleurs immédiatement une action judiciaire contre la seule personne citée par son nom. (page 70 de votre numéro du 15 novembre). Au sujet de cette affaire concernant feu Mme Léonet, je démens catégoriquement que Mme Léonet m’ait remis en février 1984, une « grosse enveloppe ». Je ne me suis jamais rendu « fréquemment à Sens pour recevoir [des] enveloppes voire des lingots ». J’ai été certes le légataire universel de Mme Léonet mais ce fut surtout, dans le cadre d’une opération d’une totale régularité, pour délivrer un certain nombre de legs particuliers.
En cinquième lieu, je précise que tous les comptes financiers du Front National, de Cotelec et de Jean-Marie Le Pen-Cotelec sont visés chaque année par des Commissaires aux Comptes et contrôlés par la Commission Nationale de contrôle des finances des partis politiques.
J’affirme solennellement que, pendant les 56 années d’une vie publique consacrée à la défense de la France et des Français, j’ai toujours conformé ma vie à la devise du Front National : « Tête haute et Mains propres » !
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma considération distinguée.
Jean-Marie Le Pen