Insécurité : il ne suffit pas de s’agiter, Monsieur Valls

Tribunes libres / 17 novembre 2012 / Mots-clés : , /

Editorial de Steeve Briois, Secrétaire Général du Front National (16 novembre 2012)

Intervention surréaliste du ministre de l’Intérieur à la tribune de l’Assemblée nationale ce mercredi : « C’est vous qui avez échoué. L’esbroufe, c’est vous ! L’échec, c’est vous ! La hausse de la délinquance, c’est vous ! Les suppressions de postes de policiers et de gendarmes, c’est vous ! Le retour du terrorisme dans ce pays, c’est vous ! La division des Français, c’est vous ! Vous n’avez pas protégé les Français ! »

Sur la forme, il s’agit d’un vrai dérapage, indigne d’un ministre. Celui-ci a d’ailleurs été recadré par le Président de la République et a présenté ses excuses. Dont acte.

Sur le fond, c’est très lacunaire : les socialistes sont autant responsables que l’UMP du délitement du service public de la Sécurité. Et l’esbroufe sarkozyste en la matière – incontestable – n’est que le dernier avatar de la faillite de notre système de sûreté publique, à laquelle les gouvernements de droite comme de gauche ont également contribué.

La Corse en est le plus bel exemple. Depuis combien de décennies entendons-nous, quelle que soit la couleur politique du gouvernement, que l’état de droit doit être restauré, que les lois de la République doivent s’appliquer partout, que la mobilisation des services de l’Etat doit être totale, et autres formules pré-écrites qui ne coûtent rien ? Résultat : une moyenne de 33 assassinats annuels ces 10 dernières années. Que rien n’enraye.

La réalité est qu’en Corse, il se passe la même chose qu’à Marseille, à Grenoble et dans des centaines d’endroits en France : des bandes criminelles, de type mafieux, profitent de l’affaissement de la volonté politique de combattre le crime organisé. Ces bandes bénéficient de la mansuétude des autorités, qui ont trop longtemps préféré des accommodements locaux plutôt que de mettre des moyens politiques et financiers au rétablissement de l’ordre républicain. Aujourd’hui, ce sont les Corses et l’ensemble des Français qui en font les frais.

Manuel Valls doit annoncer une série de mesures concernant la Corse, qui pourraient être étendues à d’autres zones. L’air martial est connu, reste pour la chanson à être à la hauteur des attentes immenses des Français. Nous ne demandons qu’à être étonnés.